fable inouïe

à l’origine des mondes : deux meules leurs disques épais. le tournoiement du fracas brut des fleuves. elle : l’axe. l’arbre hélice, la danse, le vertige. au médian de tout discours, elle. en suspension consentie de l’entendement. pure entre deux. de l’entre ciels à l’entre sols. versant le fluide dans le verbe. clarifiant les sentences. soupesant la sève. psalmodiant l’eau. rendant le clair et que rythme s’ensuive. elle canalisée moins qu’ébrasée. ruant en rus. cette conscience du verbe rendu fluide. tout dire comme sens extirpé d’un tu. tout geste essence d’une geste. et ses saisons ses âges, même pain d’une même bouchée de vie. toutes en une. vive. fable inouïe pour chant de ventre.

(Nouer la langue, inédit, pour C. L.)

« ah devenir l’ancien de soi-même
c’est parler »

(Bernard Noël, L’été langue morte)

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2 réflexions sur “fable inouïe

  1. Texte court et magistral
    d’un magistrat de la haute magistrature poétique

    vous avez le sens de l’essence, du courant et du fluide

    vous chevauchez sur l’onde

    votre poème est une météore
    de la constellation de l’Inouï

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