Chronique des jours lents (J +4)*

 

Il y a à méditer dans la permanence des cycles naturels où peine à se refléter l’inconstance de nos crises humaines et sociétales. Le matin déploie ses ors blanchis de rosée sur la pelouse déjà grasse, comme le prévoit son programme d’avant printemps. Tandis que dans le monde secoué par la pandémie bruissent les échos des chiffres morbides : tant d’infectés, tant de malades, tant de décès, pourcentage de progression et territoire de contamination.

On peut refuser le don du soleil qui s’épanche. On peut même le trouver importun, avec ses airs d’indifférent, nous provoquant de sa douceur alors qu’ailleurs, on tremble pour la vie. On peut ne pas se l’accorder. Mais ce serait dommage, si l’on pense à ce soignant quelque part, adossé à un mur d’hôpital, les yeux clos et la tête renversée, goûtant ce bol d’air frais et l’accolade du soleil, un court moment de pause, avant de retourner au front. Ce soignant ou cette soignante, puisant dans cette aubade de la nature la force, la joie des choses permanentes et belles et que rassure l’idée des hommes et des femmes sains de corps, chez eux, communiant innocemment à ce même soleil.

Ainsi accueillir, est-il un don, souvent, bien plus qu’un recevoir.

 

 

 

*le 17 mars, c’est mardi. Chacun découvre le travail à domicile. On cherche ses repères. La lenteur s’étoffe d’une tension entre dedans et dehors. Soleil retrouvé et nouvelles orageuses. Les magasins restent fréquentés, à l’arrache, les rayons pillés. Les gens sortent sans excès, avec le sentiment que cette journée est entachée d’une liberté de sursis. 

 

 

 

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