quelque chose d’Oslo

Oslo
« capitale nordique »

où je n’ai jamais mis les pieds comme en de nombreux endroits du monde, n’étant pas née assez riche ni assez douée pour m’enrichir, voyageant peu toujours accompagnée d’enfants,
pourtant, en remplissant cette grille de mots-croisés, dans l’avant-dernière page de mon journal quotidien, à l’énoncé « capitale nordique », ma bouche s’est emplie d’un goût plaisant, quelque chose d’Oslo, une réminiscence de mâchouillage, avec ce O majuscule d’ouverture et ce o minuscule de fermeture pour quatre lettres qui glissent ouvertes,
qu’est-ce qu’il m’a fait ce mot, enfoui dans l’arrière-gorge de ma mémoire qu’il me paraisse une gemme ?

Oslo
capitale d’où encore ? de Norvège, oui, fichée dans la gueule de ce lézard de mer au dos hérissé de fjords défiant de vastes étendues d’eau gelée,
Oslo chaude pourtant, à cause de ses O. Les mots en O sont de la rondeur du soleil,
Oslo comme un jeu d’enfant, avec ses codes de gestes et de sésames d’initiés,
Oslo bleue, car le O est bleu, quelque chose de la mer dans ce quelque chose d’Oslo, mais une mer close, apaisée, contemplative, une mer qui embrasse la ville, qui ne la cerne d’aucun danger, une mer jardinée de bateaux, avec des voiles pâles striées de brises modèles de courtoisie,

enfant, les capitales étaient un jeu de mémoire, un jeu d’espace, jusqu’où lancer son esprit, un lieu de résilience secondaire, quand s’évader était une composante admise de l’enfant,

mes enfants ne rêvent plus d’Oslo, ni de Vancouver, ni d’Antioche ou de Constantinople, s’ils se posent une question, ils interrogent la bête froide aux connexions véloces produisant des images instantanées rendant caduque ce délectable fantasme de l’inconnu,

je ne veux pas effacer ce goût d’Oslo par des galeries d’images saturées ou de street view, je me contenterais juste de cartes regardant du ciel la ville entre les dents de ce lézard préhistorique baignant ses écailles dans les eaux sirupeuse du nord,

quelque chose de moi veut mon Oslo d’enfance, cette ville calme autour de laquelle tourne l’Histoire, les siècles, les vagues et des collines rugueuse sous leur pelage d’herbe iodé, cette ville qui m’attend, O ouverte, o curieuse, droite et fière, dame digne et princière, au ventre accueillant, aux artères tranquillement pulsées d’or blanc, aux hommes intègres dans leur peau d’aristocrates urbains, une capitale nordique sur mon planisphère de petite fille.

 

 

 

 

 

 

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3 réflexions sur “quelque chose d’Oslo

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