frontières 3 : la rivière

je veille
sur ce précaire amas de lumière
comme sur mes os
délavés d’infamie après l’orage
de fer

je veille
la violence éparpillée de la rivière
sur l’eau ces cris
cette écorce arrachée à l’œil
inversé du soleil
nos airs de riens vêtus de flamboyances opalines

boa
autour d’un cou de rien
je veille
tout ce méandre
autour de mon cou
ce méandre
écartelant les terres mal jointes
de nos haines

je remonte le fil
déglutis puis remonte
car il nous fallut saigner toute eau encore
saigner jusqu’à plus soif
et ce vinaigre mélangé lacrymal
ce vinaigre brûlant jusqu’aux entrailles
la bouche du ventre pliée dans un sourire

êtres passants pour
exister encore

(photographie :  Florence Noël)

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