à ce point du soir

un tel désir d’aujourd’hui
ça annihilerait le temps
le souci de vieillir
ou plutôt de passer parmi les jours
sans marquer le sol
ni de sang
ni de sens
ça laverait de toute cette peur
ce corps insalubre
hérité de la foule
dont on ne sort jamais

 

*

à ce point du soir
c’est là, vois-tu que
le verbe devrait se saisir
des corps épars
des âmes concassées
les étreindre au plus vide
de leur manque
bercer leur moelle
et tatouer tendrement
à même leurs veines
le mythe jamais écrit
de la consolation

 

*

ce ne peut être en vain
que nous crions

pourquoi ces timbres
imprimés dans nos voix
sinon pour reconnaître
la nuance de sable
dans nos déserts
l’ondulation unique
de nos souffles

pourquoi souffrir
exhausserait ne fut-ce que
le sens du mot choisir
si ce cri
n’avait d’écoute
qu’un autre cri

 

 

 

 

photographie à la une : Florence Noël

Publicités

N'hésitez pas... Laissez un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s