Paris – Bruxelles … et tout s’arrête

 

Paris-  Bruxelles…. et tout s’arrête

 

Textes écrits à la suite des attentats du 22 mars 2016 par Pierre Warrant, poète et photographe belge qui vit et travaille à Bruxelles. Il collabore à la revue du Journal des Poètes dont il est membre du Comité de Rédaction. Son recueil « Altitudes », publié en 2013 aux éditions Tétras Lyre, a reçu le prix triennal de poésie Nicole Houssa 2015 de l’Académie Royale de Langue et de Littérature Française de Belgique. (illustration : Bruxelles. Photographie : Pierre Warrant)

 

 

Paris – Bruxelles …
et le pied sur la marche
on ne sait plus
ni comment ni pourquoi

l’amour est mort
et tout s’arrête
l’instant du ciel
l’écho du jour
le pont de pierre

tout s’arrête
s’enlise
et semble vain
il reste le cours du temps

l’hiver à genou
près de la mort
et ce qui glisse sous les mots
et qui ressemble à un poème.

 

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photographie Pierre Warrant

 

*

le printemps tarde

il puise à l’eau des mots
répare l’instant brisé
de feuilles pas encore nées

les mots trahissent

ce que nous sommes
on peut s’asseoir près d’un silence
et caresser un corps blessé
qu’inonde la lumière

un cœur et sa musique
vibrent encore
à l’air qui prend la route
ce que l’on donne palpite vers le ciel

l’aiguille du temps
nous pique
vers l’heure suivante
à vivre pour ceux qui ne sont plus

y aura-t-il sans eux
la place encore
pour un bonheur
qui ne soit pas que souvenir.

 

*

 

Maelbeek

la bouche du métro
n’en finit pas de dévorer les vies
elle cherche le souffle de la bombe
le tic-tac de l’horreur
la bête immonde qui éclabousse

sur le trottoir de nos cauchemars
des fleurs déjà se fanent
des bougies se recueillent
des caméras déversent
ce que le monde est devenu

à deux arrêts d’ici
elles parlent toutes les langues
et portent la boule au ventre
ce qu’on explique pas
de cette plaie qui saigne

on se ressemble
on se rassemble
on tient la lampe allumée
on cherche l’eau qui nous apaise
et Pâques arrive comme par erreur

de balles et de baisers
il se fabrique son chemin
et puise jusqu’à nos larmes
cette chose que l’on recherche
l’amour et ce qui manque.

 

*

 

saisir
le jaune de la jonquille
la flamme d’une pomme
et l’ombre sur le mur

chanter
ce qui ne peut se retenir
ce que l’on porte encore
ce qui se donne déjà

ouvrir
doucement les doigts
le cœur et la confiance
la soif qui s’en revient

agir
avec tendresse et fermeté
avec ce que nous sommes
tellement parfaits si imparfaits

 

 

Pierre Warrant

 

 

-> Lire aussi Serrez les mains, c’est ce qui compte de Lucien Noullez et 22 mars 2016, et les jours suivants de Florence Noël

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